Sébastien

Viking

vor 4 Monaten

On a testé : Monster Hunter : World sur Shadow !

“Les petites bêtes ne mangent pas les grosses” n’était donc qu’un mensonge.

C’est une série qui a débuté en 2004 sur PlayStation 2 et qui sera longtemps restée chez Sony grâce au succès de la PSP. Après un passage de quelques années sur les différentes consoles Nintendo, Capcom sort le tout premier opus haute définition sur consoles de salon réalisant les ventes les plus rapides de l’histoire du studio. Six mois plus tard, il sort enfin sur PC, une première pour la série. Le défi est de taille face aux attentes pharaoniques des joueurs PC et des fans de la série. Tout le monde l’attendait, Capcom l’a fait. Les chasseurs ne tiennent plus en place. Un rugissement est entendu au loin. Monster Hunter est là, Shadow aussi.

Après avoir surmonté les dinosaures de Jurassic World Evolution, faites un peu de place sur votre Shadow pour accueillir les monstres d’Astera. Oui, fini les petits villages dans les montagnes, MHW vous emmène dans le nouveau monde ! Vous êtes un membre de la 5ème flotte qui fait route vers Astera. Terre de promesse où se battent les 4 flottes qui vous précèdent. De mystérieux maux rongent ces lieux que vous allez devoir explorer afin de trouver réponses aux questions que se posent les chasseurs depuis maintenant trop longtemps.

Contrairement à ses aînés dont le scénario était rustique voire inexistant, MHW vous embarque dans une histoire faisant office de tutoriel et d’accompagnement. Le Zorah Magdaros, un monstre volcanique gigantesque, est arrivé en même temps que vous et dévaste tout sur son passage. Votre rôle est de découvrir la raison de sa venue et s’il est possible de l’arrêter tout en aidant à la sécurisation du camp d’Astera et l’étude des différents endroits où l’histoire vous mène.

Ne nous voilons pas la face. Même si ce scénario est assez rafraîchissant et amical, il n’est qu’une façade pour cacher la vraie nature des jeux Monster Hunter : vous êtes un chasseur ! Vous n’avez de cesse que de chasser des monstres de plus en plus gros, de plus en plus forts et de plus en plus rares. Le tout dans le plus pur style RPG avec les mécaniques classiques. “Farm, loot, craft, repeat” sera votre modèle tout au long du jeu. En effet, il vous faudra venir plusieurs fois à bout du même monstre afin de rassembler tous les composants nécessaires à la création d’une arme et d’une armure complète qui vous permettront de vaincre un plus gros monstre cette fois-ci. Mais rassurez-vous, même si l’explication est raccourcie et dépourvue de charme, le jeu n’en est pas ennuyant pour autant : bien au contraire.

UN JOUR JE SERAI LE MEILLEUR CHASSEUR !

A mi-chemin entre Devil May Cry et Dark Souls, MHW est un jeu difficile mais pas insurmontable et surtout fun à jouer. Si vous n’avez jamais joué à un Monster Hunter vous allez devoir vous entraîner afin de vous habituer aux mécaniques particulières du jeu. C’est justement là que MHW brille : il est devenu beaucoup plus accessible que ses grands frères, mais il n’est pas devenu casual pour autant et c’est tant mieux !

Le jeu s’est débarrassé de la plupart de ses vieilles casseroles. Il n’y a plus d’armures spécifiques aux archers et arbalétriers, les combinaisons d’objets les plus fréquentes sont automatisées, les collectibles sont clairement affichés sur la carte, le sac à dos a été optimisé et sépare maintenant les collectibles des consommables, plus besoin d’emporter des pioches rouillées pour miner, on peut accéder au coffre de stockage partout, et bien d’autres choses… Bon nombre de nouveautés font aussi leur apparition comme l’ingénieux système de navicioles. Pour faire simple, ce sont des lucioles GPS. Oui, oui. Commencez votre pistage et les navicioles vous indiqueront le chemin jusqu’au prochain indice avant de déterminer la position du monstre.

Toutes ces nouvelles fonctionnalités vous aideront à devenir le meilleur chasseur car il y a beaucoup d’autres choses à maîtriser. De nouvelles armes ainsi que de nouveaux combos, le tout sublimé par un gameplay beaucoup plus vertical qu’avant. Le personnage grimpe plus vite et à plus d’endroits, ce qui lui permet de chevaucher un monstre pour lui asséner une déferlante de coups meurtriers avant de le faire tomber pendant quelques précieuses secondes.

Jamais un Monster Hunter n’a été aussi complet et bien réalisé. Pensé par des chasseurs pour des chasseurs. C’est bien sûr sans mentionner les contrôles PC très bien pensés et totalement personnalisables. Ayant joué à tous les Monster Hunter sur PS2, PSP et PS4, j’ai bien failli brancher une manette sans réfléchir ni même essayer à la souris. Finalement, je ne repasserai à la manette pour rien au monde tellement la gestion de la caméra est plus aisée à la souris.

UNE INÉGALITÉ TRANCHANTE

Capcom, fidèle à lui-même, nous a livré ici un magnifique titre à la réalisation impeccable. C’est graphiquement très beau, faisant hommage aux prouesses dont la série a été capable sur les plus petites consoles du marché. La musique est toujours aussi épique, adaptée bien sûr à la situation et au type de monstre rencontré. La gestuelle a été repensée et totalement fluidifiée pour un rendu beaucoup plus naturel des déplacements et des attaques des monstres. Les mécaniques les plus appréciées sont toujours présentes et le jeu a toujours ce petit quelque chose d’un peu gênant dans l’attitude des personnages et leur façon de bouger ou parler qu’on aime beaucoup. J’aimerais surtout remercier personnellement les développeurs qui ont conservé la possibilité de boire jusqu’à l’ivresse au bar et de caresser le cochon domestique en pyjama rayé, c’est important. Enfin, la version PC vient achever ce beau tableau en proposant de bonnes performances. Cette fois-ci pas besoin d’acheter une PS4 Pro et de devoir choisir entre haute résolution ou haute fréquence. Vous pouvez faire les deux, notamment sur votre Shadow. Dépassez sans problème le 1080p et les 60 images par secondes.

Tout cela est quelque peu terni par certains points noirs dont le titre s’est affublé ou pas encore débarrassé. Malgré la beauté du jeu et de ses graphismes (je pense notamment aux effets élémentaires comme le feu ou la foudre qui sont sublimes), les couleurs ont un rendu étrange en fonction de la luminosité, souvent un peu trop pâles, pas assez contrastées ou surexposées. De la même manière, il n’y a rien de mieux que d’aller casser du monstre avec ses amis et pester lorsque Thibault meurt pour la 3ème fois consécutive. Malheureusement il est d’une complexité extrême de rejoindre ses amis ou de les inviter à jouer. Une fois la quête correctement lancée tout va bien, le jeu est très bien optimisé pour le multijoueur en ligne. Enfin, comble du portage console vers PC, le jeu n’est pas compatible avec le format 21:9. Un correctif devrait être envoyé par le studio sous peu.

  • Jouer au clavier et à la souris
  • Optimisé mais pas casualisé
  • Excellentes performances sur Shadow
  • Le scénario d'accompagnement
  • Durée de vie et contenu massifs
  • Boire
  • Couleurs étranges
  • Multijoueur compliqué
  • Pas de 21:9

Après avoir testé la version PS4 en Janvier dernier, le verdict est sans appel. La version PC surpasse ses grandes soeurs sur bon nombre de points. Quel bonheur d’avoir un Monster Hunter en haute définition, haute fréquence et sur grand écran ! Capcom aura mis beaucoup de temps mais le défi est relevé avec brio. Le jeu est excellent. Capable de ravir les néophytes comme les hardcore hunters, il apporte suffisamment de fraîcheur et de nouveautés pour nous tenir en haleine durant de nombreuses heures. Les Monster Hunter ont toujours été des jeux avec une incroyable durée de vie, celui-ci ne déroge pas à la règle. Malgré quelques défauts vite pardonnés, on est ici en présence d’un titre de qualité qui, je le dis très rarement, vaut son prix. Alors sortez vos Schismes Éternels et allez remettre en question le statut de dragon ancien du Fatalis !